Écriteau :
Titre : Suger, abbe et homme politique
Texte : La puissance de l'abbaye de Saint-Denis et l'étendue de ses privilèges grandissent encore sous l'abbatiat de Suger (1122-1151). Conseiller des rois capétiens puis régent. Suger nourrit une double ambition: renforcer la puissance de la couronne de France et celle de son abbaye. Il entreprend la rénovation de l'abbatiale carolingienne. L'abbé Suger : Issu d'un milieu modeste, formé à l'école de l'abbaye que fréquente aussi le futur Louis VI, Suger devient abbé à quarante-deux ans. IL entreprend la réforme de l'abbaye et la fructifier grâce à une administration remarquable. Ses talents d'administrateur et de politique l'imposent comme conseiller auprès des rois, puis comme régent pendant la deuxième croisade ( 1147 - 1149 ) La messe de saint Gilles Maître de saint Gilles vers 1500 C'est toute l'abbatiale qui forme un écrin autour des reliques du saint présentées en plein lumière, au centre du nouveau chevet édifié par Suger. Sur cette représentation de l'église du XIIIe siècle, le maître-autel, évoque le faste du mobilier liturgique aujourd'hui disparu. Londres National Gallery Extrait du manuscrit de Suger "Gesta suggerrii abbatis" : Les entreprises et la pensée de Suger sont connues grâce à deux documents exceptionnels qui sont parvenus jusqu'à nous, deux mémoires rédigés par l'abbé entre 1145 et 1149. L'un relaie son administration de l'abbaye, l'autre la consécration de l'abbatiale. Bibliothèque de nationale de France. Suger bâtisseur : Le chantier commence par le massif occidental, consacré en 1140. Il est ensuite transféré à l'est pour l'édification du chevet. Les reliques des saints sont retirées de la crypte carolingienne où elles reposaient, puis placées au centre du nouveau chevet, conçu comme une immense châsse-reliquaire inondée de lumière. L'architecture de Suger établit d'abord le soubassement du chevet : une vaste crypte qui englobe les édifices antérieurs. Au-dessus s'élève une construction d'une légèreté spectaculaire. Sept chapelles rayonnantes ouvrent sur un double déambulatoire au centre duquel est placé l'autel des reliques. Les voûtes sur croisées d'ogives permettent d'alléger la maçonnerie et d'ouvrir des verrières. Selon Suger, l'église "resplendit d'une merveilleuse lumière ininterrompue". L'art du vitrail, qui va se développer dans tout l'Occident, trouve ici une de ses premières expressions. Les vitraux : Des vitraux conçus par Suger vers 1144, subsistent aujourd'hui : dans la chapelle d'axe ( de la Vierge ) , l'Arbre de JEssé et l'Enfance du Christ composant un cycle de l'incarnation : ... la verrière de Moïse et celle des Allégories de saint Paul qui évoquent la concordance entre le Nouveau et l'Ancien Testament; dans la chappelle Saint Cucuphas, un panneau du vitrail de la Passion.